Toutes les histoires sont des histoires d’amour

Dans le lecteur de CD, un concert à Bologne fait place à Simon et Garfunkel pendant que le thé infuse. On n’échappe pas aux rituels anciens. Dehors il pleut, une pluie fine, froide et humide caractéristique du mois de novembre. Sur le bureau en verre, quelques pages de Christian Bobin, mort récemment. Peut-être une bougie, quelques flammes dans la cheminée qui rappellent celles d’un amour qui vacille dont on ne sait plus si on doit le voir disparaître dans la nuit ou souffler sur les braises qui rougeoient encore. Tout autour le son du silence.

C’est curieux d’écrire, facétieux. On pense à un travail de remise en forme d’idées, de concepts ou d’histoires. Comment imaginer que la fenêtre qui vient de s’ouvrir contient déjà des mots encore transparents ? L’écrivain n’est qu’un passeur, un découvreur, magicien capable de mettre en lumière ce qui existe déjà. Le hasard seul mène sa barque. Parfois on croit tenir un sujet, une vague piste, un prénom, un nom, une chemise blanche, un parfum masculin discret, un smartphone pas très récent. Qui est Clarel Barbe ? Parfois ça réussit, parfois ça rate. 

Pourquoi ne pas se servir du quotidien ? Journal d’un petit commerçant : c’est porteur le quotidien. On pense à Joseph Ponthus. A la ligne. Ou alors Roussel. C’est bien aussi Roussel, mathématique ce qui n’est pas pour me déplaire. Souvent une ébauche nait, se développe, camaïeu chimérique, à partir d’observations vides de sens : le lady grey au goût russe qui a disparu des étals chez Monoprix et me transporte à Berlin Est à la fin des années 80.

Voyage énigmatique dans le temps et l’espace. J’ai oublié le nom de l’enseigne. Je me souviens d’un super marché, dont les produits contrastaient avec nos habitudes de consommateurs de l’Ouest, mais finalement bien achalandé : Berlin c’était la vitrine du soviet triomphant !

J’y suis retourné bien souvent en pensée lors de la rédaction des quelques chapitres du roman que je peine à terminer. J’ai revu l’ombre des VoPos à la gare frontière de Marienborn, certaine brasserie bruyante du Ku’damm, la vue étrange de la plates-forme poussiéreuse et faiblement éclairée des quais fantômes sous Potsdamer Platz, Großer Tiergarten où des vendeurs turcs cuisinaient des döners dans des petits chalets décorés pour Noël tandis qu’un pakistanais, vendeur de marrons à la sauvette, tisonnait le charbon dans un bidon coupé monté sur des roulettes, faisant flotter une fumée vague qui charriait les odeurs entremêlées de châtaignes grillées et de chiche-kebabs.

Me suis-je vu marcher sous la neige, accompagné de chants de Noël, vers la philharmonie, pour assister au concerto pour piano numéro trois de Beethoven suivi de la symphonie  numéro sept de Bruckner ? Assis face au Steinway D-524780 dont le couvercle ouvert refléterait les spectateurs des premiers rangs, j’aurai laissé glisser mon regard vers les gradins disposés dos aux musiciens où se serait assise une jeune femme blonde.

Une musique nouvelle s’invite dans l’appartement désormais plongé dans le noir, qui souhaite un joyeux Noël et une nouvelle année heureuse, farandole stupéfiante où se mêlent Glenn Gould, Judith Epstein, Alfred Brendel, Svetlana et Sören, m’entrainant avec eux, tels ces baladins qui envahissaient notre télévision, quand nous étions enfants, sur le son de « Love is All » chanté par Roger Glover transformé en grenouille.

En réalité, bien que mon esprit traine encore à proximité de la rue Ben Gourion, mon regard se glisse vers l’ouest aux portes du Golfe du Morbihan. Un jardin, une maison. Les volets encore ouverts laissent deviner des verres qui s’entrechoquent, des rires, une femme qui sourit. Elle porte un jean, un vieux pullover blanc en laine, qui rappelle les pulls traditionnels fabriqués sur les iles d’Aran à l’ouest de l’Irlande. Peu de maquillage. Elle a souligné ses yeux verts d’une touche de mascara mauve ou violet. Ne ressemble-t-elle pas ce soir à cette photo prise il y a un an à Noël ? Un peu floue, un éclairage très imparfait, cadrée à l’avenant. On croirait un portrait de la performeuse Marina Abramović à qui elle ressemble parfois.

Les mots se dévoilent peu à peu, noircissent lentement.

2010 à New York au MOMA, l’artiste serbe s’est engagée pendant près de trois mois, huit heures par jour, dans une performance intitulée The Artist Is Present. Assise en silence à une table en bois, elle attendait que des inconnus prennent place sur une chaise laissée vide face à elle pour les regarder dans les  yeux en silence, impassible. Un homme s’avance, la regarde, ajuste sa veste, s’assoit. Cet homme c’est Ulay, son grand amour de jeunesse. Ils ne sont pas revus depuis vingt ans lors de leur séparation sur la grande muraille de chine. Elle le regarde, sourit, baisse un peu les yeux, le regarde à nouveau. Et se met à pleurer.

Mon regarde glisse encore, un peu plus à l’ouest. Une promenade sur la plage, sa silhouette, presque familière, cheminant à mes côtés. Le vent, le gris du ciel vers Belle Ile, une bande d’arbres masquant la rivière de La Trinité. Mes yeux se ferment. Ne rien oublier.

Jacques Brel avait 49 ans quand il est mort. Il disait s’être arrêté de chanter pour avoir le temps d’aimer. Le temps d’aimer, quel joli mot. Le temps des caresses, des regards encore timides, déjà complices. Le temps des promesses et des promenade main dans la main. Le temps des projets. Le temps des nuits sans sommeil, des corps enlacés. Le temps qui nous retient et nous envoie vers les étoiles. Aimer intensément. Au risque de tomber, de se brûler. Au risque de ne plus croire en l’Amour. Être un papillon aveuglé par la lumière. Fou d’amour, n’est-ce pas ? Fou de ce corps, de cette peau, de ces lèvres qui dévorent. Fou de mots qui enivrent de promesses. 

La nuit tombée rappellera son corps absent. J’essaierai de deviner son souffle, le creux de sa hanche, sa poitrine dressée vers mon torse. Au milieu de la nuit, le silence étourdissant des ténèbres me réveillera. Je guetterai incertain sa présence.

Toutes les histoires sont des histoires d’amour.

Le clos des oliviers

Le jardin s’étire en direction de la mer, qu’on aperçoit au loin, parsemé d’oliviers. En face on distingue la côte : Saint-Quai-Portrieux, Binic ou Étables sur Mer ? Le maître des lieux est un enfant. Une âme pure. De l’ancien presbytère, il a fait un refuge pour voyageurs. Etrange abri qui mêle sa passion pour la chine à son attirance pour les livres anciens qui essaiment le long des étagères en pin et l’immense bibliothèque qui jouxte la cuisine. Stendhal a rendez-vous avec Verlaine, Racine ou La Boétie.

On croirait l’ancienne auberge du Haut Marland qui affichait sur ses murs blancs qu’ici on vient à pied, à cheval, en voiture. La porte d’entrée peinte d’un vert céladon donne sur la salle à manger où nous précède notre hôte. Premiers contacts, premiers échanges timides. Sa voix lente, posée surprend un peu. Chaque mot est choisi, pesé. Devant nos regards surpris devant tant d’ouvrages, il glisse rapidement qu’il écrit sans préciser quoi. Une recherche rapide m’apprend qu’il à déjà publié trois opus depuis 2016. Il s’appelle Jean-Christophe.

L’homme m’intrigue. Allongé sur le sable de la plage du Val André, alors que les flots disparaissent à l’horizon, je décide de lui envoyer un message pour faire d’avantage connaissance. S’ensuit un bref échange autour de la littérature, de l’écriture et de Annie Ernaux qui vient d’obtenir le prix Nobel. Je ne mentionne pas la polémique sur ses différentes prises de positions qui divise la communauté littéraire.

Je n’avais rien lu de Annie Ernaux malgré les conseils et l’admiration que lui porte Jean-Philippe Pérou, mon ancien libraire venu sur Vannes pour créer une librairie au joli nom, le silence de la mer, avant de repartir s’installer en Normandie. Magie du numérique, il faut quelques secondes à peine pour que je tienne en mains son dernier ouvrage publié en 2022, Le Jeune Homme, court récit autobiographique d’une cinquantaine de pages dont l’intrigue se déroule dans les années 90 et met en scène ses amours à Rouen avec un jeune étudiant alors qu’elle a passé la cinquantaine. Inversion des rôles où une femme d’âge mur prend sa revanche sur les hommes et ses origines sociales dans une posture patriarcale qu’elle aurait elle-même dénoncée venant d’un homme qui profiterait de sa situation pour devenir l’amant d’une jeune femme de trente ans sa cadette la poussant à rompre avec son petit ami.

« Ce qui n’a pas été écrit, n’a pas été totalement vécu » observe Jean-Christophe citant Ernaux. La citation exacte diffère quelque peu, « Si je ne les écris pas, les choses ne sont pas allées jusqu’à leur terme, elles ont été seulement vécues. ». Je pressens que se loge un concept essentiel dans ces quelques mots où je retrouve l’intuition que nous vivons plusieurs vies, qui se déroulent côte à côte, s’entrecroisent parfois, effleurent notre conscience nous permettant de passer de l’une à l’autre à condition d’en posséder les clés. Ecrire est un sésame qui ouvre des portails inédits vers des existences cachées.

Aurais-je dû deviner que le clos des oliviers abrite un poecile particulier qui me connecterait tout à la fois au passé, au présent et au futur ? Quelle âmes occupent l’ancienne maison ? Celle de l’arrière grand père de Jean-Christophe mort gazé dans les tranchés ? De Gaston Leroux qui la visitant se serait très certainement écrié que « le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat » ? Fallait-il craindre la danse macabre qui se déroulerait peut-être, à la nuit tombée, à notre retour de la soirée passée quai des Terres Neuvas face au petit port de Dahouët, dans l’immense véranda éclairée par la lune bientôt à son apogée ? L’imagination s’emballe, chaque porte fermée dissimule un haschischin qui attend que nous dormions pour venir nous exécuter. Ai-je bloqué l’entrée de la chambre lambrissée avec un fauteuil avant de me réfugier contre le corps chaud de celle qui est peut-être la femme que j’espérais chaque fois que je griffonnais ELLE sur une feuille blanche ou un carnet jauni ? On nomme parfois « Lune du Deuil » la pleine lune en octobre. Elle symbolise les nouveaux buts, les nouvelles résolutions. Autant de synchronicités qui rappellent le déroulement incertain de mes vies. Aucune d’elles n’est morte ni vivante tant que je n’ai pas ouvert la boîte et cherché une réponse.

A l’est, Notre Dame de la garde s’impatiente. A-t-elle deviné que nous allons venir ? Je ne conserve aucun souvenir de la pointe rocheuse où je venais enfant lors des séjours à Saint Cast dans la propriété que mon grand père avait fait construire en contre bas face au golf et à la plage de Pen Guen. A peine reconnais-je la maison. Je me souviens d’un escalier qui mène à la mer, du doberman qui aboyait après la factrice, de mon jeune frère et moi en bottes remontant de la plage accompagnés d’une jeune fille au pair. Impressions incertaines que berce le vent breton tandis que le soleil irradie la mer de touches de couleurs lagon. Je regarde la pointe du Bay, l’île des Ebihens, plus loin la pointe du Chevet et l’embouchure de l’Arguenon. Terres d’enfance qui font écho aux souvenirs plus récents d’un été heureux qui se déployait de la presqu’île de Gâvres à Guidel, m’emportant du Petit Pérello au Kaolins.

Elle marche derrière moi les cheveux dans les yeux. A ses pieds roulent quelques cailloux. Elle porte un pantalon blanc, un pull bleu royal. Son visage laisse passer un doute puis sourit. Craint-elle, elle aussi, le bal des sylphes et des djinns ? Il est trop tard pour espérer parvenir à Fort La Latte avant la fermeture. Du haut du phare du cap Fréhel s’invite une musique inconnue et lancinante qui rappelle un morceau de piano entendu au Sofitel à Lisbonne. Je crois entendre le poète murmurer à mes oreilles : « Il est un air pour qui je donnerais tout Rossini, tout Mozart et tout Weber, un air très vieux, languissant et funèbre, qui pour moi seul a des charmes secrets. ».

La mélodie se mêle à la brise puis disparait finalement me laissant seul et interdit. Je me souviens de son nom, le chant des possibles.

Vers la décroissance

Aujourd’hui c’est Kippour. J’ai appelé maman, elle ne savait pas. Je ne m’en inquiète pas plus que cela. Ça veut probablement dire qu’elle est moins scotchée devant la télévision, sinon elle aurait su. J’ai trainé un peu au bureau. Je suis rentré, pensant sauter le dîner, pour finalement me résoudre à préparer ma grande recette de célibataire : des œufs cocotte revisités avec les ingrédients disponibles. Simple, frugale. Il restait un tiramisu industriel dans le réfrigérateur : la fête ! Pendant que je préparais le repas, je songeais que peut-être j’aurais envie après le dîner d’écrire une nouvelle chronique. Je me suis fixé l’objectif insensé d’en rédiger une par semaine. 

Tout en cassant les œufs sur des restes de pain à burger savamment disposés dans un petit plat en céramique blanche, ma pensée glissait sur les différents sujets que je pouvais aborder, passant de la critique de la société technologique à la dénonciation du pic de prévarication annoncé par les affaires judiciaires du jour et les réactions effarantes du ministère de la justice et de l’Elysée. Coupant en morceaux quelques tranches d’emmental destinées à donner à ma préparation un appétissant aspect gratiné, je méditais sur l’opportunité de me servir de quelques bougies chauffe-plats en guise d’éclairage, me promettant de retrouver l’article ventant leur mérite pour construite un chauffage d’appoint économique à partir de pots de fleurs en terre cuite. J’optais pour un reste de sauce tomate cuisinée aux oignons qui remplacerait la crème fraiche, en observant les six flammes vacillantes qui peinaient à sortir la pièce de l’obscurité me promettant un souper quasi dans le noir. Si au moins j’avais une lampe à pétrole ! N’en reste-t-il pas une dans le garage de mes parents posée sur une étagère ? Une de celles que nous avions achetées chez un shipchandler de Falmouth à une époque où nous pratiquions la décroissance et la fin de l’abondance sans même en avoir conscience ?

A cette époque, je passais l’été sur un voilier de onze mètres qui m’entraînait du fleuve Lima aux rives de la Mer du Nord. Expérience écologique inconsciente qui mêlait l’abandon du pétrole, nous naviguions le plus souvent à la voile, à la diversification des sources d’énergie : gaz, alcool à brûler, gazole, éolienne, panneau solaire, centrales nucléaires qui pourvoyaient à l’époque l’essentiel de l’électricité utilisée pour recharger les batteries de bord quand nous profitions d’un catway disposant d’une prise électrique. Une partie de la nourriture était fournie par la pêche à la traine ou au haveneau. Il fallait apprécier le maquereau !

Curieux que je n’ai pas remarqué plus vite que la crise actuelle, sanitaire, énergétique, politique, systémique en somme, donne un coup d’accélérateur à la transition inéluctable vers un mode de vie moins gourmand en ressources naturelles. Tous décroissants ? Ce qu’on nous présente bien souvent comme un drame obligeant à ne pas chauffer à plus de 19°C cet hiver et à préférer le col roulé cashmire au t-shirt en coton, constitue une formidable opportunité de repenser notre rapport à la consommation et tourner  le dos au consumérisme stérile pour nous consacrer à une vie plus riche à la fois spirituellement, culturellement, intellectuellement, émotionnellement.

Quelle est la consommation du four en position chaleur tournante à 200°C dans lequel j’enfournais la cassolette ? Mentalement je calculais l’énergie quotidienne nécessaire sur un bateau de trente deux pieds. Pas si facile, il faudrait faire un tableau. J’ai toujours eu envie de repartir naviguer un jour, troquer le confort bourgeois d’un appartement en ville contre un espace réduit, froid et humide peut-être mais sans attaches. Libre !

Changement d’existence, changement de paradigme. Les paroles d’André Gorz sur la sortie du capitalisme continuent de hanter mon esprit : oser « rompre avec cette société qui meurt et qui ne renaîtra plus », éviter à toute force la « sortie barbare » à la Mad Max. Lors même que le conflit en Ukraine charrie chaque jour son contingent de victimes et que la société post covid n’en finit plus de nous entrainer dans une dystopie absurde, force est de constater que nous ne prenons pas le chemin d’une « sortie civilisée ».

L’avantage de la théorie systémique, c’est à dire que le système est indépendant des éléments qui le composent, est qu’elle nous dégage plus ou moins de toute responsabilité. Il y a une forme de déterminisme dans la vie et la mort d’un système. Une sorte de fatum où la main de l’Homme n’est que la force agissante d’une entité qui le dépasse. L’Allemagne nazie devait s’effondrer, le néolibéralisme mourra. Reste à amortir les chocs et le nombre de morts.

Cette crise je la guettais comme je surveillais la cuisson des oeufs. La pandémie de 2020 a été un révélateur. Tout ce qui était prédit se réalisait. Aurais-je pensé vivre un jour prisonnier dans mon propre pays ? Faudra-t-il se résoudre à se réfugier dans d’autres abris plus hospitaliers ? Cela ne m’effraie pas : je suis héritier de familles nomades.

Coïncidence, une photographie en noir et blanc est apparue sur mon fil Facebook alors que je commençait à manger. On y voit un père et une mère dormant avec leurs enfants dans l’unique pièce de la maison, quelque part près de Porto ou Lisbonne, dans les années cinquante, en pleine dictature.

J’ai eu la chance d’être élevé par une femme portugaise arrivée en France alors qu’elle avait 18 ans. Elle fuyait la misère. Il y a quelques années, j’ai été lui rendre visite dans le nord du Portugal où elle est retournée vivre, dans le village se son enfance. Son mari a construit une belle maison à côté de l’ancienne petite bâtisse familiale qui ressemble à la photo. Je me souviens de ses mots pour me décrire ce qui était pire que la pauvreté. Je pense souvent à elle, à celle qui restera toujours Rose, ma deuxième maman.

Depuis quelques semaines, je consulte les petites annonces de vente de voiliers d’occasion. Un bateau neuf, pourquoi pas ? Mon frère envisage cette option avec un apport de 40% du prix total et un financement grâce à la location quand il ne navigue pas. Le choix d’un bateau ancien, aux qualités marines éprouvées, est probablement plus écolo friendly. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.